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dimanche 3 avril 2011

Délinquance du 14 Juillet - cités sous haute surveillance

Dans ma chère ville de Noisy-le-Grand, les arrestations estivales vont bon train. Comme chaque année, début juillet, la justice multiplie ce qui s’apparente à des mises en détention ? préventives ? – afin, comprend-on, de séparer le bon grain de l’ivraie en période chaude. Dans le quartier du Champy, les forces de police ont procédé à une vingtaine d’arrestations qui ont abouti à quatre incarcérations ; dans celui de Pavé-Neuf, des mineurs ont été appréhendés pour l’incendie du service jeunesse commis cet hiver.

Vrai que l’été, les actes de délinquance augmentent considérablement dans nos quartiers populaires. La recherche des raisons de cette hausse en flèche donne généralement lieu à des débats télévisés où interviennent sociologues et professionnels de la jeunesse. J’ai souhaité donner la parole aux habitants du quartier Champy, et notamment aux jeunes, en leur posant cette question : pourquoi, l’été, ?a déconne ?

Le premier jeune que j’interroge est agé de 23 ans : ? Il y a rien d’autre à faire, personne ne part en vacances, il fait beau, les jeunes restent plus longtemps dehors et ils n’ont plus d’obligations scolaires. – Et vos rapports avec les forces de l’ordre durant cette période ? encha?né-je. – Les rapports sont tendus toute l’année, en plus ils veulent augmenter leurs statistiques durant l’été, ils nous provoquent et les rapports empirent entre eux et nous. – Quelle solution pour que cela aille mieux ? – Il faut occuper les jeunes, sinon, ils s’embrouillent avec la police ou des jeunes de l’autre quartier. ?

Voici Palacio, 17 ans, je lui demande pourquoi, l’été, les embrouillent entre quartiers ressurgissent de plus belle. ? Je ne sais pas trop, mais durant la Fête de la musique ou d’autres événements où on se rencontre, les histoires redémarrent. Mais je ne comprends pas, car on est des cités proches, en plus c’est des embrouilles de rien du tout, mais quand il y aura un mort, les gens vont comprendre c’est quoi des embrouilles. – Les rapports avec les policiers ? – Ils sont plus sévères, ils nous provoquent du regard et à l’approche du 14 Juillet, ils vont être complètement chauds. Quand ils galèrent, ils nous cherchent, après la tension monte et ensuite ils veulent nous embarquer. Mais il y en a qui sont cool, ils nous disent bonjour et font leur boulot. ?

En écoutant Palacio, je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec le drame qui s’est produit en juin au Blanc-Mesnil : un jeune homme a perdu la vie lors d’un échange de coups de feu entre deux bandes de cités de la ville. Sur fond de trafic de drogue ? Des médias émettent cette hypothèse, mais ?a peut être d? aussi à une rivalité de longue date entre les quartiers de la ville, qui se perpétue pour ainsi dire de génération en génération, comme c’est le cas, à Noisy-le-Grand, entre la Champy et le Pavé-Neuf.

Ce globe-trotter du département me permettra sans doute de mieux comprendre cette réalité. Il a posé ses bagages au Pavé-Neuf, après avoir habité successivement à Dugny, aux 4000 à La Courneuve et à Neuilly-sur-Marne. ? Pour l’augmentation des actes de délinquances, il y a une raison climatique, dit-il. Il fait beau et chaud, les plus jeunes restent plus longtemps dehors. Il faut ajouter à cela l’effet de groupe, les plus jeunes restent entre eux et ils s’entra?nent à faire des bêtises. Le dernier élément est l’inactivité des jeunes, car durant cette période, les plus jeunes ne vont plus à l’école et souvent, dans leurs familles, on n’a pas les moyens de partir en vacances. Ces trois éléments provoquent la hausse de la délinquance. Plus les jeunes sont occupés, moins il y a de délinquance. L’été, ajoute-t-il, les forces de l’ordre sont stressés. Elles ont l’obligation de faire du chiffre et sont sous une double pression, celle de rue et celle leur hiérarchie. ?

Voyons ce qu’en disent les acteurs associatifs, très actifs en cette période chaude à Champy et au Pavé-Neuf. L’association Chose Kel propose aux jeunes cette année la réalisation d’une fresque murale avec le graffeur Dacrouz, dont le travail a été exposé au Grand-Palais. L’association AJPN propose, elle, chaque année, des voyages ? humanitaires ? en Afrique. Je me tourne vers Patricio, responsable de l’association ADSEA (Association départementale de sauvegarde de l’enfance et l’adolescence), qui rassemble des éducateurs travaillant avec la justice et l’aide sociale à l’enfance dans l’ensemble de la Seine-Saint-Denis.

? Nous intervenons dans la durée, et pas seulement l’été quand les jeunes ne font rien, explique Patrico. Des projets et des activités sont proposés par les jeunes, cela nous permet de tisser des liens avec le jeune et sa famille. Après, au-delà de l’activité, on aide le jeune au niveau scolaire ou professionnel et même au niveau familial. – A quoi tient l’augmentation des actes délictueux l’été ? – Ce n’est pas nouveau, même quand tu discutes avec les plus grands, ils te répondent que cela existait déjà. L’été, les confrontations ont lieu dans l’espace public ; l’hiver, comme il fait plus froid et que les journées sont plus courtes, les jeunes sont moins dehors, donc les occasions de s’affronter sont moins nombreuses qu’en été. Je pense également qu’il y a un effet de mode, par exemple le 14 Juillet. C’est devenu un rituel : ce jour-là comme le 31 décembre, il y des affrontements avec la police. ?

Le fond du problème, selon Patricio, est ? le manque de perspectives professionnelles, la précarité et un sentiment d’injustice, en somme, un malaise social. Ce n’est pas un hasard si ce type d’affrontements se produit dans une population immigrée qui vit plus lourdement l’exclusion du travail. Cela ne veut pas dire que ces actes sont justifiés mais il y a un lien entre ces deux éléments. Les acteurs associatifs et sociaux interviennent pour calmer le jeu et occuper les jeunes. Mais il y a une dimension d’ordre politique qui nous échappe complètement. Nous, on peut panser les petites plaies mais on n’a pas les moyens de soigner la maladie. ?

Et à Stains, où les équipes de l’association ADSEA sont sur le terrain également, comment cela se passe-t-il ? ? A Stains, explique Patricio, le délinquance organisée et les trafics de drogue ont une dimension beaucoup plus importante qu’à Noisy-le-Grand. Il y a eu une série de meurtres, il y a un an et demi. Certains de mes collègues ont vu des gens se faire descendre devant leurs locaux. Il faut agir auprès des petits pour éviter qu’ils ne prennent le mauvais chemin. Le travail éducatif n’est pas d’empêcher le trafic de drogue, ce n’est pas de notre ressort, mais d’éviter aux plus jeunes de se laisser entra?ner dans la voie de la délinquance. ?

J’espère que la Fête nationale fera parler d’elle pour ses feux d’artifice et non pour ses feux de voitures commis par une minorité de jeunes des quartiers populaires.

Ibrahim Diallo


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